Friday, December 14, 2007

free means

work in progress.
collages musicaux.
n’être qu’un outil.
bien évidemment, tout est parti d’une seule personne.
cette personne, c’est moi; c’est pourquoi j’assemble ici ces mots.
juxtaposer “je” et “point de départ” serait plus juste, car à l’arrivée, je n’étais plus seul.
ces lignes sont donc à prendre au sérieux, en cela qu’elles proposent d’en finir avec ce qui nous isole.
je m’appelle jack tone. il y a huit ans, avec jean saintot, j’ai fondé ce qui se présente encore aujourd’hui comme “le mouvement des mouvements”: le Schmurptzisme.
grosso modo, l’idée est la suivante: tu (incroyable mais vrai je te tutoie) te considères artiste ? c’est tout l’inverse ? tu t’en fous ? dès lors que tu produis, on parlera de toi en cours d’art; tu ne pourras, au delà des alternatives, sortir de cette impasse.
à partir de là, autant jouer le jeu.
jusqu’à présent, le bilan est plutôt positif; les oeuvres (appelons ça “oeuvres” à défaut) dites schmurptzistes émanent, il est vrai, le plus souvent des irréductibles, mais le réseau de contacts, construit à partir de l’affinité que nous venons de présenter, peut être qualifié d’international (www.lecsg.canalblog.com).
après moult essais, j’ai trouvé ma voie (il y a bientôt sept ans): la musique. là encore les débuts furent houleux. sans entrer dans les détails (je suis pudique) et sans vouloir (au delà de tout ce qui, je le crois, ne pourra être pardonné) nier l’importance de ces moments, la synthèse doit être présentée de la sorte: l’échec cuisant de ma tentative de “jouer en groupe”.
le “groupe”, entité repliée sur elle même, vouée à sa cause, serait pourtant a priori à rapprocher du Schmurptzisme.
or il y a bien une nuance à établir, en cela que jamais je n’ai voulu me faire apôtre et donc hisser les principes du mouvement au sein de groupes qui, au regard du passé, ne pouvaient envisager ne serait-ce qu’un pas vers cette idée explosive, cette “dernière bombe” qu’est le Schmurptzisme.
non, ce que je voulais, au sein de ces groupes et dans une optique finalement tout à fait schmurptziste, c’était me donner, c’était apporter ma contribution.

englué que j’étais alors avec la langue anglaise (selon moi la langue tendant le plus à l’universalité), j’en vins, courant 2004, à envisager l’élaboration d’un disque titré Headsport (un bien joli mot qui veut à la fois tout dire et ne rien dire, puisque aussi anglais sonne-t-il, ce n’est qu’un terme de mon invention qu’il faudrait mieux rapprocher de l’expression française “gymnastique cérébrale”).
à l’heure où j’écris ces mots (nous sommes en décembre 2007), l’album est écrit. il n’est toujours pas sorti mais il n’attend que ça, tout comme les musiciens qui ont bien voulu se donner, apporter leur contribution. car je n’ai pas tout joué sur ce disque; le principe (celui sur lequel je me suis focalisé disons suite à l’échec de mon dernier groupe, durant la crise du CPE) était de confier à différentes personnes mes chansons, telles que je pouvais (moi et moi seul) les interpréter, pour que ces mêmes personnes puissent y adjoindre leurs propositions.
de cette façon, j’en collais une sévère à toutes mes petites erreurs de jeunesse.
“Simple”, la dernière chanson du disque, minimaliste au possible, constituant une conclusion aussi atomisée que la ligne de conduite imposée jusque ici à mon travail.

a contrario, ce qui sera peut être plutôt difficile à saisir, c’est qu’en pleine effervescence Headsport (voire même, afin d’être vraiment honnête, avant cette dernière), je songeais déjà à une autre aventure musicale qui, de la même manière, est à la fois prête sans l’être: Here lie my beloved babies.
aux alentours de l’année 2005 (l’année était alors bien entamée), j’en suis venu à me dire (sans doute dans un moment de panique personnelle, en rapport avec cette relation amour/haine que j’entretenais encore avec un “groupe”) que si je devais prendre en main toute la composition d’un album, il fallait que cela soit à la hauteur de mes attentes en matière de dépassement.
pour ce faire, il fût donc question pour moi de ne pas chanter, n’y d’utiliser le moindre instrument. seul mon ordinateur windows xp, muni du petit magnétophone de la catégorie “divertissement”, et un logiciel gratuit me permettant de convertir mes fichiers mp3 en format wma devaient intervenir.
l’album est encore en cours de réalisation (autrement dit tout reste envisageable), même si le ton est déjà donné.
à titre d’exemple, je citerai la piste intitulée The Note, qui consiste précisément en un air basé sur une seule note.

Depuis le lancement d’HLMBB, j’ai pris le temps de réfléchir un peu plus. Pour composer plus.
Nous vivons dans un pays qui s’est lui même annoncé et vit désormais sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
Histoire de joindre l’utile à l’agréable, n’ayant jamais pu cesser de composer, que ce soit à la guitare, au piano (et donc au chant), j’en suis venu à me dire qu’il valait mieux garder secret ce cheminement complexe et perdurer dans la chansonnette (selon l’équation qui veut que moins la forme est travaillée, plus le fond est saisi; même si, dans ce cas, je m’étais donné pour objectif de construire des chansons qui seraient autant de parodies d’arpèges ou de solis sophistiqués, tapissées d’anti-textes).
A ce sujet paraitra peut être un jour un autre disque, dont je ne connais pas encore le titre (c’est à moitié vrai, bien entendu…); toujours est il qu’aussi complexe soit mon cheminement, j’avais comme une boule dans la gorge (c’était il y a peu d’ailleurs) à l’idée de le mettre de côté pour une sorte de flashback, aussi nécessaire et “politicritque” fût-il.

Avec le temps, je m’étais établi, dans le cadre de mes études, à Paris.
Loin de toute bande habituelle, salarié de surcroît, je me devais, par delà ces barrières, un recyclage; le pas que je m’apprêtais à franchir ayant pour but de m’atomiser moi même.
dans la nuit du 8 au 9 décembre 2007, je suis parvenu à orchestrer une mue radicale, au moyen d’un spectacle son et lumière intitulé “free means”.
Toute une scène fut montée dans ce qui me sert encore de logement; je ne m’étendrai pas ici sur la scénographie (je le ferais peut être un jour); je la résumerai par le simple mot “éphémère”.
La fondamentale de ce spectacle, c’était son déroulement:
“temps 1″: ouverture de la “salle”, installation des spectateurs tandis que j’observe une toile vierge non éclairée, dos au public.
“temps 2″: allumage / mise en bouche; “Simple”, puis quelques chansons, dont “Better be updated”, une de mes toutes dernières.
“temps 3″: le morceau “free means” en lui même, sous titré “je ferais mieux de réfléchir avant d’agir”, interprété en duo avec jean sérien (et filmé par matthieu b -rien à voir avec Agnès-).

Ode à la spontanéité, à la bonne volonté, à l’improvisation, à que sais-je encore, “free means” dura quelques 42 minutes.
42 minutes pendant lesquelles il était sans aucun doute question de s’abandonner à nos suggestions, mais aussi et surtout d’expérimenter en direct le(s) fruit(s) de nos réflexions immédiates en terme de son et de lumière.
une manière comme une autre de te rapprocher un peu plus de ce qui serait, à mon niveau, l’aboutissement de mes recherches personnelles en matière de musique (et une solution me permettant d’envisager un métissage sonore global, loin de tout partitionnement).

Du reste, c’est bien d’une “mue” dont il est ici question..
Et c’est peut être bien un (anti, tu t’en doutes) manifeste que tu es en train de lire:
Alors cessons de parler de moi, et focalisons nous sur les enjeux de ce qui fut, au moyen de dons, titré “free means”:
Je disais “jouer le jeu”
Je disais “apporter sa contribution”
Je disais “dépassement”
Mais il était, au départ de cet article, aussi question d’en “finir avec ce qui nous isole”.
Et il semble désormais question “d’expérimenter en direct”.

alors
puisque le “cheminement complexe” s’est changé en partage immédiat, libre de toute signification et de tout moyen en vue d’un décloisonnement total, dis toi que toi aussi, tu peux t’y mettre.

NB: méfie toi du rachat schmurptziste. ou pas. ne lis plus cette phrase. ne lis plus ce texte.

Posted by at 15:55:34
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